Une fois n’est pas coutume (oui, c’est ironique), je vais parler un peu de moi. Enfin, de moi… j’imagine ne pas être seul dans le cas que je vais vous exposer.
Comme dans toutes les entreprises ou presque, celle où je bosse dispose d’un délégation syndicale en pleine forme, tatouée, et en ordre de vaccins. Et plus les jours passent, plus je sens un gouffre entre eux et moi.
Il ne s’agit en fait pas de TOUTE la délégation syndicale, mais surtout d’une poignée d’irréductibles que je qualifierai d’ « excitées de la fonction syndicale ».
Les raisons sont multiples, mais ces derniers jours, une grosse goûte est venue s’ajouter au vase.
Début de semaine, des négociations syndicales ont lieu pour les employés. Résultats, les revendications des syndicats sont rejetées les unes après les autres. Le lendemain, les excitées ne parlent que de ça.
Moi, je ne peux pas m’empêcher de mettre un peu les choses en perspective.
Depuis le début de la fameuse crise dont on nous parle depuis maintenant bien trop longtemps, aucun employé de la boite n’a été licencié. Même la possibilité de mettre les employés en chômage économique n’a pas été utilisée.
Nos chèques repas ont dernièrement été augmentés pour arriver à 3.20€ pièce, et moi, pauvre petit dernier arrivé, avec un salaire plus bas que 99% des travailleurs de l’entreprise, j’arrive à payer (seul) mon loyer pourtant pas piqué des vers, les charges diverses, la bouffe, et tout le nécessaire vital.
Alors, oui, dans ce contexte là, j’avoue… ça me lourde profondément (pour rester poli) quand une excitée vient râler et parler de grève parce que toutes les propositions ont été rejetées, sachant qu’elle gagne bien plus que moi, est mariée à un gros salaire, passe un quart de l’année en maladie et un autre quart en vacances, le tout alors que chaque matin, en me réveillant, j’entends au journal le nom d’une nouvelle usine qui va licencier plusieurs centaines de travailleurs.
Je ne suis pas certain qu’en vouloir toujours, toujours, et toujours plus, soit vraiment la meilleure manière de l’obtenir.
Pour mémoire, je ne suis pas syndiqué, et je ne pense pas l’être un jour…